Fuite

Mes lèvres, un jour d’hivers, furent effleurées par une feuille tombante.

Perdue, flottante aux vents, l’Arbre son père, l’avait laissée pour seule.

Rousse et d’une courbure exquise, sa caresse me révéla son langage secret : un dialecte antique.

Le moindre de ses mots avaient un sens. Elle me disait:

« Vois-tu encore ma beauté à mon toucher ?

Vois-tu encore que celle qui est rousse fut verte un jour ?

Sais-tu que mon baiser, porté par le vent, ne dure qu’un instant ? »

Mon âme entière lui répondait

« Un instant pour ce monde certes, mais une éternité pour cœur qui bien plus que toi est fané »

Mes yeux s’étaient fermés. Sûrement aurais-je dû les garder ouverts car la caresse, comme promise, s’était déjà évanouie.

En les ouvrant à nouveau, alors que le vent soufflait de plus fort au travers de mon être, je la reconnue parmi ses sœurs.

Elle virevoltait vers un autre que moi pour lui emplir le cœur et l’âme de sa tendresse profonde et éphémère.

Ainsi, voici de quoi est fait l’automne de notre rencontre :

D’un seul baiser pour souvenir.

SkJames

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